Meurtres en série à Shanghai

Publié le par 安娜

de soie et de sang1Après quelques romans que j'avais trouvés un peu poussifs, l'Inspecteur Chen  retrouve tout son talent, son érudition, son insolence narquoise à l'égard de ses chefs, son tendre respect pour les anciens et son amitié indéfectible pour son jeune coéquipier de la Brigade spéciale.

Shanghai est le théâtre d'une série de meurtres inexplicables : de belles jeunes filles, nues sous un quipao rouge, sont retrouvées mortes, au milieu de parterres de fleurs. Des meurtres qui mettent en émoi la population, les journalistes mais aussi et surtout la police criminelle de Shanghai où le jeune Yu Guangming doit assurer la responsabilité de la brigade des affaires spéciales en l'absence de l'Inspecteur Chen en "congé de formation". En effet, notre inspecteur poète s'est mis en tête de retourner à l'université et de reprendre des études littéraires. Aurait-il l'intention d'abandonner son métier de policier ?

Pendant que Chen, passe ses journées à la bibliothèque de l'université, c'est Yu qui mène l'enquête. Il doit affronter les récriminations de Liao, chef de la brigade des homicides et l'intransigeance du secrétaire de parti Li.

Nous retrouvons avec beaucoup de plaisir, les personnages habituels, Peiqin, Vieux chasseur, et Nuage Blanc, plus récente : tous apportent leur aide inestimable à l'aboutissement de l'enquête, dont Chen, en dépit des apparences premières dénouera finalement les fils. Le personnage essentiel c'est Shanghai, ses ruelles, ses jardins, son Bund, les petits marchés, les échopes et petites cuisines de rues d'un côté, les grands restaurants luxueux jusqu'à la perversion  "festins de cruauté raffinée", karaoké et "maisons de bains" et tous ses "héros" ordinaires :  responsables des "comités de quartier", chauffeurs de taxis, serveuses de bar, belles de nuit, Patrons de lieux de plaisir, petits fonctionnaires, retraités de l'université ou des arts. Depuis, "Mort d'une Héroïne rouge"  les choses ont évolué : les comités de quartier ne sont plus aussi efficaces, de nouvelles professions apparaissent telles les "trois compagnes", et puis aussi on cite  Confucius à tous propos.de soie et de sang2

 Qiu Xiaolong, utilisent le roman policier pour décrire une Chine qu'il aime profondément, qu'il souhaite faire mieux connaître aux occidentaux qui en ont souvent une image caricaturale. Certes, il évoque dans chacun de ces romans les blessures mal cicatrisées de la Révolution culturelle mais cela reste du polar et souvent du bon polar, oeuvre de distraction, de détente et de plaisir. Ne boudons pas notre plaisir..

 Mais je tiens à signaler aux éventuels lecteurs de ce blog, que Qiu Xiaolong a écrit des ouvrages très sérieux sur la poésie non seulement sa thèse sur T.S. Elliot mais aussi des études sur la poésie chinoise et, traduit en Français en 2008, Cité de la poussière rouge, chronique des gens ordinaires de 1949 jusqu'à l'époque actuelle.

Qiu Xiaolong a quitté la Chine quelques temps avant les évènements de Tian an men (1989) , il vit aux Etats-Unis, et écrit en anglais. Il revient souvent en Chine pour des séjours de vacances. Est-il lu par les Chinois ? Pourquoi n'écrit-il pas en chinois ?  Les éditeurs chinois ont-ils envie de traduire ces romans policiers pour les lecteurs de Chine ? Et qu'en est-il du roman policier en Chine. Voici deux réponses : un entretien avec Qiu Xiaolong sur Rue89 pour la sortie en France de La Danseuse de Mao, et pour le roman policier en Chine, lisez ceci.

Qiu Xiaolong est édité par Liana Lévi


 





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